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ترجمة قراءة في قصيدة لا تخجلي لشاعر الأمة محمد ثابت الفرنسية للكاتبة سماح حمادي وترجمة الشاعرة المغربية حسنتا صيفي

شاعر الأمة محمد ثابت

ترجمة قراءة في قصيدة لا تخجلي لشاعر الأمة محمد ثابت الفرنسية للكاتبة سماح حمادي وترجمة الشاعرة المغربية حسنتا صيفي

Analyse du poème « Ne sois pas intimidée : لا تخجلي » du poète Mohamed Thabet par la journaliste Samah Hamadi
Le poème « Ne sois pas intimidée : لا تخجلي » est un exemple de poésie lyrique classique où se confondent passion, déception et fierté, avec l’usage d’un style rhétorique, riche en vocabulaire et en musicalité.

Voici une lecture critique du poème
لاَ تـَخْجَلِي إِنْ فَـاجَـأَتـْكِ عُـيُـونـِي
« Ne sois pas intimidée, si mon regard te surprend »
L’incipit (la confrontation) : le poète commence par un impératif
Il impose sa présence psychologique et sous-entend que la personne qu’il aime adopte à présent un comportement frivole assez décevant, en empruntant un chemin malsain.

أَبـْدَلْـتِ شَـكِّـي فِـي الهَـوَى بـِيقِـينِـي
« Mon amour pour toi est une certitude, tu le comprends »
D’où on remarque un tournant au début:
L’amour que le poète éprouve pour la jeune femme s’avère une « réalité » qui dissipe le doute du poète, ce qui révèle un tournant, l’amour pour cet être s’avère une certitude. Cette opposition qui passe du doute pour devenir réalité donne à l’incipit une profondeur philosophique dépassant le sentiment d’un simple amour.

Ressentiment de douleur, défi et rupture
On remarque aussi un certain ressentiment, une intense douleur face au défi de l’effondrement. Stoïque et même décidé à guérir de cet amour le poète montre sa supériorité et même un brin de mépris mais sans grande animosité pour ses profondes blessures et cette rupture inattendue.
إِنَّ الجِـرَاحَ عَلَى الـفُـؤادِ تـَعَـوَّدَتْ
وَتـَعَـوَّدَ الـقَـلْـبُ الجِـرَاحَ فَـخُـونـِي
« Prends ton aise, pour en abuser, me trahir et m’éberluer »
« Aux ecchymoses de l’âme, je m’en suis habitué »
Ce qui renverse l’idée ; au lieu que le cœur soit brisé par la déception, c’est la déception qui devient habituelle. Le comportement indécent de l’élue de son cœur ne le choque plus à présent ; selon ces vers, cet ordre vise à minimiser l’acte incongrue de celle qu’il aime, comme s’il lui disait « Dorénavant, au sujet de ton comportement plus rien ne me choquera, ne me surprendra, ne me brisera, ne me rabaissera, ne me vaincra ».

L’image poétique et le schéma traditionnel
أَظَـنَـنْـتِ أَنـِّي قَــدْ أَمُـوتُ بـِلَـوْعَـتِـي
وَتـَذُوبُ مِـنْ فَـرْطِ الـبُـكَـاءِ جُـفُـونـِي
« Penses-tu qu’à cause de ta trahison, je vais périr ? »
« Qu’à cause de mon intense chagrin, je vais mourir ? »
Le poète refuse l’image de la faiblesse, celle traditionnelle de l’amoureux passionné au cœur brisé, assez fier ; il rejette l’idée de se voir déchu, lésé ; ainsi il écarte l’image de la victime ; il refuse qu’on s’apitoie au sujet de ce désamour imprévisible à son égard.

Structure de la force (du faible au révolté) :
Aussi, il évoque à sa manière les symboles traditionnels d’amour platonique, qu’il réinterprète à sa propre façon. Cet exemple d’amour idyllique « Léila et Qays le fou d’amour» il le décrit à présent avec autorité, mépris et rébellion.
Lors de cette inspiration poétique, on peut noter un revirement catégorique, il passe du faible au révolté. Ici le fou d’amour refuse à présent d’obtempérer, de se montrer affaibli, brisé et vaincu, au contraire ce choc fait de lui un révolté et potentiellement agressif. La trahison, il ne pardonne jamais.
Au lieu de se plaindre de l’infidélité flagrante de celle qu’il aime, il s’apprête à confronter cet échec avec un autre masque. De son mécontentement émerge même une révolte, une force intense face à l’adversité. Au lieu de baisser les bras, il se révolte et menace d’être intransigeant et assez sévère, comme un volcan imprévisible, impétueux et explosif
Il semble lui dire : « détrompe-toi, je suis toujours-là ! Malgré la séparation, l’absence, l’éloignement, malgré cette source de douleur, je peux vivre sans toi et même devenir une menace, un monstre parfois ».

Caractéristiques stylistiques
– Le rythme : l’utilisation des rimes est triste mélodie qui convient à la fois à la douleur et au défi
– L’ironie : le contraste des émotions perturbantes finit par créer une tension dramatique ;
et ce entre amour, résilience et sentiments de douceur d’une part :
« Si tu penses être ma belle Layla »
إِنْ كُـنْـتِ لَـيْـلَـى يـَا مَـلِيـحَـةُ فِـي الهَـوَى »
Et d’autre part un ressentiment : de désamour, de colère et de menace aussi
« Méfie-toi de la colère de ton fou amoureux »
فَـلْـتَـحْـذَرِي مِـنْ ثـَوْرَةِ المَـجْـنُـونِ »

Métaphore implicite : selon le poème on peut déduire durant sa solitude au silence éloquent que le poète personnifie l’espace vide comme la personne à qui il s’adresse, comme une personne présente à l’écoute, celle qu’il aime.

Métaphore explicite : on peut comparer la colère du poète et son explosion émotionnelle face à l’adversité, à la traitrise, à l’infidélité à une certaine « révolution », ainsi au lieu de se victimiser, par fierté il préfère attaquer et même menacer, ce qui suggère la force et le passage de la faiblesse à l’action
Connotation de :
أَظَـنَـنْـتِ أَنـِّي قَــدْ أَمُـوتُ بـِلَـوْعَـتِـي
وَتـَذُوبُ مِـنْ فَـرْطِ الـبُـكَـاءِ جُـفُـونـِي
وَأُقِـيـمُ لَـيْـلِـي وَاللَّهِـيبُ بـِمُهْـجَـتِـي
وَالـيَـأْسُ يـَبْـقَـى أَيـْسَـرِي وَيـَمِينِـي
وَأَظَـلُّ أَشْـكُـو طُـولَ لَـيْـلَى وَالـنَّـوَى
وَأَظَـلُّ أَشْـرَحُ لِلْخَـلاَءِ شُـجُـونـِي
Penses-tu
« Que le désespoir qui m’affecte devient mon seul compagnon
Durant ma solitude, à droite et à gauche, au diapason ?
Que je continue à m’en plaindre durant mes nuits
En racontant ma séparation, ma déception et mes ennuis
Mes intenses émotions, mes sentiments profonds de tristesse ?
Que ma mélancolie pour ta perte imprévisible me blesse ? »

On peut remarquer un encerclement et une emprise totale, au sein d’un désespoir qui entoure l’amoureux déçu de toutes parts, image, qui reflète un état de siège psychique
قَـدْ غَـرَّكِ اللَّحْـظُ الَّـذِي يـَنْـثَنِـي
إِلاَّ بـِمَـقْـتَـلِ عَـاشِـقٍ مَـفْـتُـونِ
إِنْ كُـنْـتِ لَـيْـلَـى يـَا مَـلِيـحَـةُ فِـي الهَـوَى
فَـلْـتَـحْـذَرِي مِـنْ ثـَوْرَةِ المَـجْـنُـونِ
« Cet instant a tué en moi l’amant perdu après tout
Si tu penses être ma belle Layla malgré tout
Méfie-toi de la colère de ton fou amoureux
Celui qui t’aime avec passion devient coléreux ! »
Ainsi on peut conclure que le poème passe par une volteface, il passe d’un ton de plainte à un avertissement.
Le dernier vers « Craignez la colère » renverse le symbole traditionnel de « si tu penses demeurer ma belle Layla » ; ici, le poète refuse de se voir vaincu, au contraire il prend le dessus pour refaire surface et devenir potentiellement explosif.

Conclusion : le poème représente « l’orgueil de la blessure », où Mohamed Thabet présente un amoureux qui ne se laisse pas abattre, qui vite se relève après cette triste expérience pour devenir plus fort et conscient, transformant l’amour d’une soumission en un défi.
فـلْـتَـحْـذَرِي مِـنْ ثـَوْرَةِ المَـجْـنُـونِ
« Méfie-toi de la colère de ton fou amoureux »
D’où ce vers qui conclut le poème sur un ton ferme et impérieux
Texte inspiré et traduit en résumé par la poétesse Hassanatène Saïfi

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